Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Il y a 90 ans s’éteignait Lénine, leader de la Révolution bolchevique de 1917 et fondateur de l’URSS, fondateur de la troisième Internationale : l'Internationale Communiste.


Au-delà du mythe, des inexactitudes et des mensonges colportés sur sa personne à travers les époques, rappelons nous que Lénine était un communiste complet : révolutionnaire, homme d’action, mais aussi théoricien de la Révolution.


En effet, loin de l’image du « barbare » que la bourgeoisie internationale a tenté de créer, loin du romantique « rebelle » que les LO, NPA et autres groupuscules gauchistes tentent de décrire, Lénine, en communiste conséquent, a pensé chaque étape de la Révolution d’Octobre pour éviter soigneusement toute « boucherie » ou aléas de la spontanéité (n’en déplaise aux médias bourgeois et aux gauchos-bohème).


Certes, une Révolution suppose des moments de souffrance, de cris, de pleurs et de sang. Lénine est-il pour autant un monstre, un assassin, un meurtrier ? NON ! Rien de tout cela, car, malgré ce que peuvent raconter Mélenchon et les partisans de la « révolution citoyenne », le système capitaliste n’est pas le monde des Bisounours. Il est violence, il est guerre ; la guerre qui se mène lors des luttes impitoyables de la minorité de bourgeois, qui possèdent tout, contre la majorité de travailleurs qui ne possèdent que leur force de travail qu’ils usent jusqu’au dernier souffle pour accroître la fortune des premiers.


Certains privilégiés, certains nantis de leurs privilèges, se sont soulevé (et sont morts) car ils ne souhaitaient pas d’une société juste et égalitaire, car ils ne voulaient pas du socialisme et de la propriété commune des moyens de production, car ils désiraient continuer à vivre du travail, de la sueur, de la mort des exploités.


« Dans une société fondée sur le pouvoir de l’argent, tandis que quelques poignées de riches ne savent être que des parasites, il ne peut y avoir de « liberté » réelle et véritable » - Lénine


Par delà la réalité historique du révolutionnaire, on ne peut cependant rendre hommage à Lénine sans relier son œuvre avec l’actualité.
En effet, l’impérialisme des nations coloniales qu’il dénonçait il y a près d’un siècle est de même nature que l’impérialisme que nous dénonçons aujourd’hui lorsqu’ un Président prétendu « socialiste » envoie des troupes au Mali pour défendre les intérêts d’AREVA, par exemple.
Lénine définit l'impérialisme dans l’impérialisme, stade suprême du capitalisme en 1916 :


« Si l’on devait définir l’impérialisme aussi brièvement que possible, il faudrait dire qu’il est le stade monopoliste du capitalisme. Cette définition embrasserait l’essentiel, car, d’une part, le capital financier est le résultat de la fusion du capital de quelques grandes banques monopolistes avec le capital de groupements monopolistes d’industriels; et, d’autre part, le partage du monde est la transition de la politique coloniale, s’étendant sans obstacle aux régions que ne s’est encore appropriée aucune puissance capitaliste, à la politique coloniale de la possession monopolisée de territoires d’un globe entièrement partagé [...]
Mais les définitions trop courtes, bien que commodes parce que résumant l’essentiel, sont cependant insuffisantes, si l’on veut en dégager des traits fort importants de ce phénomène que nous voulons définir. Aussi, sans oublier ce qu’il y a de conventionnel et de relatif dans toutes les définitions en général, qui ne peuvent jamais embrasser les liens multiples d’un phénomène dans l’intégralité de son développement, devons-nous donner de l’impérialisme une définition englobant les cinq caractères fondamentaux suivants :
1) Concentration de la production et du capital parvenue à un degré de développement si élevé qu’elle a créé les monopoles, dont le rôle est décisif dans la vie économique;
2) Fusion du capital bancaire et du capital industriel, et création, sur la base de ce «capital financier», d’une oligarchie financière;
3) L’exportation des capitaux, à la différence de l’exportation des marchandises, prend une importance toute particulière;
4) Formation d’unions internationales monopolistes de capitalistes se partageant le monde;
5) Et la fin du partage territorial du globe entre les plus grandes puissances capitalistes. L’impérialisme est le capitalisme arrivé à un stade de développement où s’est affirmée la domination des monopoles et du capital financiers, où l’exportation des capitaux a acquis une importance de premier plan, où le partage du monde a commencé entre les trusts internationaux et où s’est achevé le partage de tout le territoire du globe entre les plus grands pays capitalistes ».


Par ailleurs, jeunes communistes, nous ne cessons de répéter que l’Union Européenne est un carcan antidémocratique qui n’a pour seul but que d’instaurer, au profit des capitalistes, un grand marché de capital et de travail selon la logique de concurrence libre et non faussée, mettant en compétition les travailleurs des pays les plus développés avec ceux des pays les plus pauvres (d’Europe de l’Est, notamment). Cette logique libérale étant à la base de la construction européenne (sa raison même d’exister), le mot d’ordre « d’Europe sociale » est ainsi illusoire ; l’UE est construite pour servir les intérêts des possédants. Nous n’oublions pas, une fois encore, que ce constat avait déjà été réalisé par Lénine en 1915 dans son analyse des "États-Unis d’Europe"  :

« […] Les États-Unis d'Europe, en régime capitaliste, seraient comme une entente pour le partage des colonies. Or en régime capitaliste le partage ne peut avoir d'autre base, d'autre principe que la force. Le milliardaire ne peut partager le "revenu national" du pays capitaliste avec qui que ce soit, autrement que "en proportion du capital" (avec encore cette addition que le plus gros capital recevra plus qu'il ne lui revient). Le capitalisme c'est la propriété privée des moyens de production et l'anarchie dans la production. Prêcher le partage "équitable" du revenu sur cette base, c'est du proudhonisme, du béotisme de petit bourgeois et de philistin. On ne peut partager autrement que "selon la force". Or la force change avec le progrès économique. Après 1871 l'Allemagne s'est renforcée trois ou quatre fois plus vite que l'Angleterre et la France. Le Japon, dix fois plus vite que la Russie. Pour vérifier la force réelle de l'État capitaliste, il n'y a et il ne peut y avoir d'autre moyen que la guerre. La guerre n'est pas en contradiction avec les principes de la propriété privée ; elle en est le développement direct et inévitable. En régime capitaliste, le développement égal des différentes économies et des différents États est impossible. Les seuls moyens possibles de rétablir de temps en temps l'équilibre compromis, ce sont en régime capitaliste les crises dans l'industrie, les guerres en politique.

Certes, des ententes provisoires sont possibles entre capitalistes et entre puissances. En ce sens, les États-Unis d'Europe sont également possibles, comme une entente de capitalistes européens ... dans quel but ? Dans le seul but d'étouffer en commun le socialisme en Europe, de protéger en commun les colonies accaparées contre le Japon et l'Amérique, extrêmement lésés dans l'actuel partage des colonies, et qui se sont renforcés au cours de ces cinquante dernières années infiniment plus vite que l'Europe monarchique, arriérée, laquelle déjà pourrit de vieillesse. Comparée aux États-Unis d'Amérique, l'Europe dans son ensemble signifie stagnation économique. Sur la base économique d'aujourd'hui, c'est-à-dire en régime capitaliste, les États-Unis d'Europe signifieraient organisation de la réaction en vue de contenir le développement plus rapide de l'Amérique. Les temps sont révolus où l'œuvre de la démocratie et celle du socialisme étaient liées uniquement à l'Europe. [...]


L'inégalité du développement économique et politique est une loi absolue du capitalisme. Il s'ensuit que la victoire du socialisme est possible au début dans un petit nombre de pays capitalistes ou même dans un seul pays capitaliste pris à part. Le prolétariat victorieux de ce pays, après avoir exproprié les capitalistes et organisé chez lui la production socialiste, se dresserait contre le reste du monde capitaliste en attirant à lui les classes opprimées des autres pays, en les poussant à s'insurger contre les capitalistes, en employant même, en cas de nécessité, la force militaire contre les classes d'exploiteurs et leurs États. La forme politique de la société dans laquelle le prolétariat est victorieux, en renversant la bourgeoisie, sera la République démocratique, qui centralise de plus en plus les forces du prolétariat d'une nation ou de nations dans la lutte contre les États qui ne sont pas encore passés au socialisme. La suppression des classes est impossible sans la dictature de la classe opprimée, du prolétariat. La libre union des nations dans le socialisme est impossible sans une lutte opiniâtre, plus ou moins longue, des Républiques socialistes contre les États arriérés. [...]


En régime capitaliste, le développement égal des différentes économies et des différents États est impossible. Les États-Unis d'Europe sont, en régime capitaliste, ou bien réactionnaires, ou bien impossible »

90 ans après : Lénine toujours d’actualité

Partager cet article

Repost 0