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La réforme des rythmes scolaires qui va être appliquée à la rentrée prochaine n’est qu’une goutte d’huile dans l’engrenage éducatif Français. Vincent Peillon est comme tous ses prédécesseurs, il veut donner son nom à une réforme de l’éducation nationale.

 

Car la question de l’éducation en France ne se résume pas à des horaires d’apprentissage mais à un investissement économique conséquent avec une volonté d’éduquer, d’apprendre et d’élever le plus possible le niveau culturel de son pays.

 

Nous avons la Chance d’avoir dans notre ville de SMH, des établissements scolaires portant des noms de personnes qui ont marqué l’Histoire. Mais quelles traces ont laissé les Paul Vaillant Couturier, Gabriel Péri, Paul Langevin, Pablo Neruda, ou encore Henri Wallon.

 

Ce projet est conçu à la Libération (1945-1946) par une commission ministérielle présidée par Paul Langevin, physicien, puis, après la mort de ce dernier, par Henri Wallon, psychologue. Elle élabore un plan qui avait pour but la démocratisation de l’école et l’égalité des chances. Il n’a jamais été appliqué mais il reste un des textes de référence en matière d’éducation. Alors que le système capitaliste conditionne nos vies et notre façon de penser et que le capital rentre doucement mais sûrement dans le système éducatif, avec la collaboration entière du gouvernement PS (cf Loi Fioraso, journal de mai) :

 

Jeunes communistes nous pensons que le moment semble venu de procéder à une réorganisation générale pour remplacer ce modèle éducatif français par un ensemble clairement ordonné et susceptible de satisfaire tous les besoins. La structure de l’enseignement doit être adaptée à la structure sociale.

 

Nous constatons que toutes les réformes menées depuis une vingtaine d’année mettent à mal l’apprentissage de l’enfant, aussi bien sur le plan culturel qu’intellectuel. Elles visent à simplifier la pensée et à formater l’individu plutôt que d’éveiller son sens critique.

Voici quelque extrait du projet Langevin -Wallon :

 

 

PRINCIPES GÉNÉRAUX :


« Le but de l’enseignement est d’assurer aux aptitudes de chacun tout le développement susceptibles de préparer l’enfant aux taches professionnelles qui lui sont le plus accessibles et où il pourra le mieux servir la collectivité. D’élever le plus possible le niveau culturel de la Nation. Tout enfant a droit à l’enseignement sous ces deux formes, culturelle ou professionnelle, qui doivent être données solidairement. »


LES PROGRAMMES :


« Les programmes doivent indiquer ce qui sera enseigné par cycle et par année, mais de façon large et souple afin de permettre l’élan de curiosité qu’il faut chercher à susciter chez les enfants, car c’est là un des buts essentiels de l’éducation si elle veut être pleinement profitable. Les programmes ne fixeront pas de façon irrévocable le détail des matières à enseigner, car il peut être avantageux de ne pas disperser à l’excès l’intérêt des élèves et il est parfois préférable, pour la meilleure compréhension ou la meilleure utilisation d’une discipline, d’insister davantage sur une question que de se borner à les résumer toutes. Pour la bonne formation de l’esprit, il n’est pas besoin de connaissances
encyclopédiques, mais de connaissances en profondeur. »

 

LES HORAIRES :
«
Pour fixer le temps consacré par l’enfant à l’école, il faut tenir compte de ses possibilités physiologiques et de ses besoins psychologiques.
De sept à neuf ans, deux heures par jour et dix heures par semaines

De neuf à onze ans : trois heures par jour et quinze heures par semaine ;
De onze à treize ans : vingt heures par semaine ;
De treize à quinze ans : vingt-cinq heures par semaine.

Dans cet horaire seront incluses les séances de « travail dirigé ». En dehors de la classe, l’enfant devra pouvoir se livrer à toutes les activités de son choix : jeux, lectures, sport etc.

Quant à l’emploi du temps à l’école, il a évidemment une triple utilité : équitable répartition des journées scolaires entre toutes les disciplines, exacte articulation des enseignements, ce qui est particulièrement nécessaire quand ils sont distribués entre des maîtres différents, contrôle facile de leur correcte exécution. Néanmoins, il doit, lui aussi, être assez souple pour ne pas morceler ni lasser l’attention des enfants. Ce résultat sera surtout obtenu par l’entende entre les maîtres, qui devront se concerter dans les conseils de classe, dont les réunions »


LES MÉTHODES :
« Les méthodes à utiliser sont les méthodes actives, c’est-à-dire celle qui s’efforcent d’en appeler pour chaque connaissance ou discipline aux initiatives des enfants eux-mêmes. Elles alterneront le travail individuel et le travail par équipes, l’un et l’autre étant susceptibles de mettre en jeu les différentes aptitudes de l’enfant, tantôt en lui faisant affronter avec ses ressources propres les difficultés de l’étude, et tantôt en lui faisant choisir un rôle particulier et une responsabilité personnelle dans l’oeuvre collective. Ainsi se révéleront ses capacités intellectuelles et sociales, et la place laissée à sa spontanéité fera de l’enseignement reçu un enseignement sur mesure. »


L’ÉDUCATION MORALE ET CIVIQUE :


« L’éducation morale et civique que l’école doit donner ne saurait se borner à l’étude d’un programme en un temps fixé par l’horaire. On ne peut pas en effet dissocier l’éducation de l’intelligence de celle du caractère. C’est la vie scolaire tout entière qui offre les moyens d’élever les enfants. Le contenu de l’enseignement, plus encore ses méthodes et la discipline scolaire, sont les moyens permanents et normaux de donner à l’enfant le goût de la vérité, l’objectivité du jugement, l’esprit de libre examen et le sens critique qui feront de lui un homme libre du choix de ses opinions et de ses actes, de lui faire acquérir le sens de la vie sociale, des avantages et des charges qu’elle implique, et la conscience de ses responsabilités. »

 

 

 

 

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