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Loi macron : La nouvelle offensive contre les travailleurs

Le gâteau est servi : présenté par Emmanuel Macron à l’Assemblée Nationale le 26 janvier, voté le 17 février, le projet de loi pour la croissance et l’activité (appelé loi Macron) a de quoi régaler la classe dominante et donner un bon coût de bâton aux travailleurs. Même Sarkozy n'aurait pas pu faire mieux. Mais c’est quoi ce projet de loi obscure avec plus de 200 articles, qui vise à « redresser » l’économie de notre pays ?
Un peu par ici, un peu par là et la loi Macron libère la France aux intérêts des capitalistes : au moyen de privatisations (aéroports, ...), de nouveaux marchés à exploiter (transport par bus, barrages..), la remise en cause d'acquis sociaux (prudhommes, extension du travail dominical), des services publics etc. Il s'agit d’accomplissement de 3 ans de politiques anti populaires sous prétexte d'une nécessité de « reprise économique ». Voyons les grands axes de comment le gouvernement Valls entend "redresser le pays" :

1) Plus de marchés pour les capitalistes

Sous prétexte de la fatalité des déficits, du besoins de faire du "cash rapide", la loi Macron prévoit la vente d'actives de l'état : aéroports de province, armement,... Une politique pratiquée déjà par le gouvernement PS en 2013. Le but réel est clair : après la privatisation du groupe à capital public, Nexter (Giat industries et ses filiales), celui-ci fusionnerait avec son concurrent allemand KMW pour former ce que le texte de loi appelle « champion européen de l’armement ». D’autant plus que cette entreprise sera de droit hollandais pour des motifs d' « optimisation fiscale », c’est à dire payer le moins possible d’impôts en France.

2) Libéralisation du transport par car : remise en cause du service public des transports

La libéralisation du transport par car a aussi de quoi réjouir la classe dominante. Doublement d’ailleurs. D’une part un marché jusqu’à maintenant très régulé comme le transport par autocar sera désormais libéralisé. Et des lignes de bus pourront être créées par des compagnies privées qui entreront en concurrence directe avec les lignes TER/TGV de la SNCF. Ces entreprises pourront embaucher des chauffeurs sous un statut précaire et n’auront pas à payer le réseau qu'ils utilisent. Ainsi le billet de car sera moins cher. Les usagers de la SNCF voyageront en car.
« C’est la loi du marché » crieront la droite et les libéraux. Mais en fait c’est le gouvernement qui met en place la concurrence déloyale entre le privé, très subventionné, et le public qu'ils qualifient d’inefficace et coûteux. Le but : détruire le service public du transport en France. Pourtant, aucune compagnie privée ne pourra égaler le service public en termes de protection des travailleurs et en termes de qualité du service et de sécurité pour les usagers. Dans des pays où le transport en autocar privé a remplacé le transport public ferroviaire, comme en Espagne où les accidents de bus sont habituels.

3) Prudhommes, médecine du travail : Les travailleurs désemparés

La loi Macron entame aussi une professionnalisation des prud’hommes : sous prétexte du temps mis par le jury pour émettre une décision, la loi Macron réduit le nombre de places accordés aux représentants du personnel pour y insérer plus de magistrats professionnels. Le but : à long terme faire que ça ne soit plus que des magistrats professionnels, plus éloignés du quotidien des travailleurs et généralement plus favorables aux intérêts des patrons.
Ceci, en plus de la remise en cause de la médecine du travail enlève des outils fondamentaux aux travailleurs pour faire valoir leurs droits face au patronat.

4) Extension du travail dominical : étendre les horaires de travail mais pas le pouvoir d’achat

C’est le point qui a créé le plus de contestation de la CGT jusqu’aux opportunistes socialistes frondeurs auxquels le Pacte de Responsabilité et les 42 milliards de cadeaux patronaux ne leur posaient pas de problèmes. Le projet prévoit l’extension de 5 à 12 dimanches ouvrables et la possibilité de créer des zones « touristiques » où l’ouverture du dimanche sera la règle toute l’année. A quoi sert d’ouvrir tous les dimanches les magasins des zones touristiques si des études montrent que l’attractive touristique de la France est la richesse de son patrimoine historique et culturel, et non pas les magasins « chics » des champs Elysées ?
Affiché comme un moyen pour « dynamiser l’économie », il n'aura aucun effet dans ce sens. A quoi sert d’ouvrir plus de temps les magasins si les clients n’ont pas plus d’argent à dépenser ?
Nous savons bien ce que cherche le patronat quand il revendique la banalisation du travail le dimanche. Cela n'a rien à voir avec la « croissance » mais s'inscrit bien dans sa volonté de continuer la destruction du code du travail, de bénéficier d'une main d'oeuvre corvéable tous les jours en la payant le moins possible. Ainsi pour des millions de travailleurs, l'extension du travail du dimanche peut avoir des conséquences immédiates graves sur la famille, le rythme de vie. Pour les salariés les plus précaires, les étudiants obligés de travailler pour financer leurs études, le travail du dimanche est une fausse solution. Les quelques avantages qui restent en faveur des travailleurs du dimanche sont condamnés par cette banalisation.

Loi macron : La nouvelle offensive contre les travailleurs

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