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TAG : Restructuration des lignes = Abandon des quartiers populaires

« Le cœur du réseau TAG, c'est vous ! » Vous ? Il est clair qu'au delà des slogans, la réalité est toute autre. La restructuration des lignes du 1er septembre 2014 n'a visiblement pas pris en compte certains quartiers. Ainsi, à Saint Martin d'Hères, le réaménagement des lignes se fait au détriment des usagers. Dans les quartiers Sud de la Ville, les anciennes lignes 23 et 34 (actuelles C6 et 13) ont été amputées d'une partie de leur trajet. La ligne C6 se termine à Henri Wallon, alors que l'ancienne ligne se terminait à Neyrpic-Belledone : faciliter l'accès à l'Université aux jeunes des quartiers populaires de Saint Martin d'Hères n’apparaît donc pas comme une de leurs priorités. D'autant plus que les conditions pour une nouvelle amputation de cette ligne sont créées : une ligne ne finissant qu'à Henri Wallon risque d'avoir une basse fréquentation, ce qui justifierai une future suppression de sa partie martinéroise.

La ligne 13, quant à elle, n'arrive plus à la Gare de Grenoble, ce qui oblige les usagers à faire un changement pour accéder à la Gare. Résultat : un trajet qui s'allonge de plus de 15min. Nous pourrions multiplier les exemples.

De plus, les conditions de travail des salariés des transports sont indécentes : cadences insoutenables, salaires de misère, suppressions d'emplois, contrats précaires, pressions et délations notamment à l'encontre des salariés syndiqués.

Ajoutons également le prix du titre de transport qui atteint des records (1€50 aux automates, 2€ dans le bus), on y retrouve tous les ingrédients d'un service de transport qui s'organise par l'isolement des quartiers populaires, comme nous le constatons notamment à Saint-Martin-d'Hères et Fontaine.

Nous jeunes communistes, luttons pour des services publics de qualité, accessibles pour tous. Nous exigeons le droit, à Saint-Martin-d'Hères comme ailleurs, d'avoir la possibilité de nous déplacer dans des conditions dignes et où bon nous semble. Cela passe, tout de suite, par le rétablissement du trajet des lignes 23 et 34 (actuellement C6 et 13).

Ainsi, comme pour le combat pour la défense de nos bureaux de Poste Croix Rouge et Renaudie, nous appelons à la mobilisation et à l'unité la plus large des usagers et des travailleurs des transports.

Jeunes communistes, nous luttons pour:

  • Le rétablissement à Saint-Martin-d'Hères des trajets des lignes 23 et 34 (devenues 13 et C6)

  • Le rétablissement des arrêts de bus supprimés

  • Le retour à une régie publique en gestion directe par l'institution compétente. Il est inadmissible que des multinationales telles que Keolis ou Véolia continuent à engraisser patrons et actionnaires grâce à l'argent public !

  • Seule une régie publique permettra aux travailleurs des conditions de travail décentes, des emplois statutaires ( contrats de droit public, salaires revus à la hausse...) et assurera donc la qualité du service rendu

  • L’intégration de tous les travailleurs des entreprises sous traitantes du réseau de transport grenoblois à la régie, ainsi qu'un plan de création d'emplois à la hauteur des besoins

  • L'augmentation du « versement transport » (contributions des entreprises). Voir encadré

  • Que les transports en commun, VFD, TAG et SNCF ne s’ouvrent pas à la concurrence libre et non faussée comme le prescrivent les directives de l’Union Européenne.

  • d'emplois à la hauteur des besoins

  • L'augmentation du « versement transport » (contributions des entreprises). Voir encadré

  • Que les transports en commun, VFD, TAG et SNCF ne s’ouvrent pas à la concurrence libre et non faussée comme le prescrivent les directives de l’Union Européenne.

A savoir, pour 100 euros consacrés au réseau TAG :
47 euros proviennent de la contribution des entreprises
37 euros sont issus des dotations du Conseil général et de la Métro
16 euros résultent de la vente des titres de transports.
Soit 53 euros de la part du contribuable /usager.

Comprendre la situation des transports en commun de l’agglomération (TAG/VFD) :

Le 23 juillet 2009, la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), institution financière publique, qui se définie comme étant « l’investisseur de long terme au service de l’intérêt général et du développement économique du pays » a cédé le contrôle de son service chargé de la gestion des transports publics (TRANSDEV) à VEOLIA, sous la forme d’une « fusion » dans le cadre d'une Société d’Économie Mixte (SEM). Pour rappel, VEOLIA est une société privée du CAC 40.

La CDC est donc devenue un partenaire de choix pour les capitalistes puisqu'elle leur brade les biens et services publics qu’elle est censée administrer.

En 2013, Michel Issindou, député PS, alors président du SMTC (Syndicat Mixte des transports en commun) se félicite de signer la nouvelle délégation de service public (DSP) pour la TAG. C’est la société TRANSDEV qui emporte la mise. Elle peut sous-traiter jusqu’à 100 % des lignes de bus.

Parallèlement, depuis le passage en SEM (société d'économies mixtes) des VFD et l'entrée de KEOLIS (multinationale) dans son capital en 2006, la situation n'est guère meilleure : de plus en plus de lignes sont attribuées aux entreprises privées (KEOLIS, TRANSDEV, Philibert, CarPostal...), ce qui explique la dégradation du service.

Jeunes communistes, nous faisons le constat :

Les conditions des travailleurs deviennent insoutenables. Pressions, délations, suppressions de postes, contrats précaires.

Des trajets, en un temps imparti, impossible à tenir, faisant abstraction de la circulation, des feux tricolores et des piétons « osant » traverser à ce moment-là.

Aucune pause possible à partir du moment où les conducteurs montent dans leurs bus.

Leur sécurité, comme celle des usagers (qu'ils appellent clients) est remise en question. Problème d'amortisseurs, climatisation défaillante, des portes de bus qui se bloquent fermées ou ouvertes. Parallèlement VEOLIA a fait un bénéfice net de 151 millions d'euros le premier semestre de 2014.

La hausse des tarifs, 1€50 aux automates, 2€ dans le bus pour pousser les usagers à prendre leur ticket avant, aux automates quand automates il y a, dans le but de rentabiliser le trajet au maximum, les usagers étant pénalisés dans cette course aux profits.

Un petit mot sur la gratuité des transports :

Certaines organisations social-démocrates, (parfois ceux-là même qui sont à l'origine de la privatisation!) entendent restreindre le débat à la gratuité ou non du ticket de transport. En passant sous silence celle de la privatisation (puisqu'ils en sont à l'origine), nous y voyons une position purement opportuniste voir électoraliste.

Nous, jeunes communistes, ne sommes pas en principe opposés à la gratuité du titre de transport. Nous sommes même favorable à toutes mesures qui facilitera l'accès au transport des plus modestes et des jeunes. Mais nous posons la question :
Qui doit payer la gratuité?

Les travailleurs, qui payent par le biais de l'achat du titre de transport et de leurs impôts ?
L'entreprise qui paye ses contributions grâce à la plus value, la richesse créée par le travail?

Les transports en commun permettent aux travailleurs de se déplacer, notamment pour aller pointer le matin ou rentrer le soir. C'est aux entreprises de financer majoritairement les transports.

Dans les 2 cas, si nous ne remettons pas en cause la privatisation, les grands gagnants resterons les multinationales dont la raison d'être demeure la recherche incessante de profits, comme à Aubagne, souvent cité en exemple, ville où le titre de transports est gratuit mais où le réseau est géré là-aussi par Transdev Véolia.

Pour nous, jeunes communistes, l’objectif fondamental demeure la défense de la propriété publique des services qui ne peut passer que par une régie publique. C'est à dire la gestion en direct par l'institution compétente.

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